Une vaste étude américaine publiée dans la revue BMC Public Health révèle qu’un mode de vie trop sédentaire accroît fortement le risque de décès, en particulier de cause cardiovasculaire. Mais la consommation régulière de café pourrait atténuer ces effets néfastes.
Passer ses journées assis n’est pas sans conséquence pour la santé. Des chercheurs américains se sont penchés sur les habitudes de 10 639 adultes suivis entre 2007 et 2019. Leur objectif : mesurer l’impact combiné de la sédentarité et de la consommation de café sur la mortalité. Résultat : les participants qui restaient assis plus de huit heures par jour présentaient 46 % de risque supplémentaire de décès toutes causes confondues et 79 % de risque accru de décès cardiovasculaire par rapport à ceux assis moins de quatre heures. « Le temps assis prolongé est un facteur de risque majeur, comparable à une mauvaise alimentation ou au tabac », expliquent les auteurs dans BMC Public Health.
Le rôle protecteur du café
Mais l’étude a mis en évidence un autre élément : le café pourrait jouer un rôle de protection. Les grands consommateurs (plusieurs tasses par jour) affichaient une baisse de 33 % du risque de mortalité toutes causes confondues et une réduction de 54 % du risque cardiovasculaire. En clair, les personnes très sédentaires mais buvant du café n’avaient pas le même excès de risque que celles qui n’en consommaient pas. À l’inverse, rester assis longtemps sans café multipliait les dangers.
Le café est riche en antioxydants et en composés anti-inflammatoires. Ces substances pourraient atténuer certains mécanismes délétères de la sédentarité, comme l’inflammation chronique, la résistance à l’insuline ou l’altération du métabolisme musculaire. Les chercheurs restent toutefois prudents : l’étude est observationnelle et ne prouve pas un lien de cause à effet. « Nous ne pouvons pas affirmer que boire du café annule les risques d’un mode de vie trop sédentaire », précisent-ils.
Des risques accrus après 65 ans
Le danger est encore plus marqué chez les seniors. Chez les plus de 65 ans, rester assis plus de huit heures par jour augmentait le risque de décès de près de 70 %. En revanche, l’effet bénéfique du café semblait plus fort dans certaines populations, notamment chez les adultes noirs non hispaniques, où la consommation était associée à une baisse significative de mortalité. Ces résultats confirment l’importance d’agir sur deux leviers complémentaires : réduire le temps passé assis et intégrer certaines habitudes protectrices.
- Limiter la sédentarité : se lever toutes les 30 à 60 minutes, marcher, téléphoner debout, privilégier les escaliers.
- Bouger davantage : l’OMS recommande au moins 150 minutes d’activité physique modérée par semaine.
- Une consommation modérée de café : plusieurs travaux confirment qu’entre deux et quatre tasses par jour sont associées à une réduction des risques cardiovasculaires.
Le café, pas une solution miracle
Les scientifiques insistent : boire du café ne remplace pas l’activité physique. « Même si le café présente un effet protecteur, le meilleur moyen de réduire son risque reste de limiter la sédentarité et de pratiquer une activité régulière », rappellent les chercheurs. Le café pourrait être vu comme un allié, mais pas comme un passeport santé illimité.
Cette recherche souligne à quel point les habitudes de vie s’entrecroisent. L’alimentation, le mouvement, le sommeil ou la consommation de boissons comme le café contribuent ensemble à façonner la santé sur le long terme. Alors que nos modes de vie deviennent de plus en plus sédentaires (télétravail, écrans, transports), ce constat est un rappel clair : se lever, marcher, bouger… et peut-être savourer un café pourraient faire la différence.