Il est fixé au plafond depuis des années, il clignote de temps en temps, et vous avez sans doute oublié jusqu’à son existence. Pourtant, votre détecteur de fumée a une date de fin de vie, et passé ce délai, il peut ne plus rien détecter du tout, même si le bouton test sonne parfaitement. Alors que le chauffage tourne à plein régime, voici ce qu’il faut vérifier, qui doit payer et remplacer l’appareil, et ce que dit vraiment la loi sur l’assurance.
Depuis le 8 mars 2015, tous les logements en France doivent être équipés d’au moins un détecteur de fumée. Onze ans plus tard, beaucoup de ces appareils installés à la hâte arrivent en fin de vie, sans que leurs occupants le sachent. Or c’est en hiver, avec les poêles, les cheminées et les appareils de chauffage d’appoint, que le risque d’incendie domestique est le plus élevé. Dix minutes de vérification peuvent faire toute la différence.
Une obligation depuis 2015
Le détecteur avertisseur autonome de fumée, ou DAAF, est obligatoire dans tous les logements depuis le 8 mars 2015, en application de la loi du 9 mars 2010, dite loi Morange. Maison ou appartement, propriétaire ou locataire : personne n’y échappe.
La loi impose au moins un détecteur par logement. Mais les sapeurs-pompiers recommandent d’aller plus loin, avec au minimum un détecteur par étage dans une maison.
Pourquoi cet appareil est-il si important ? Parce que, dans la majorité des cas, ce ne sont pas les flammes qui tuent lors d’un incendie domestique, mais les fumées toxiques, qui peuvent endormir définitivement une personne dans son sommeil, sans qu’elle se réveille. Le détecteur est là pour sonner à temps.
La date limite que personne ne vérifie
C’est le point méconnu de cet article. Un détecteur de fumée n’est pas éternel : la norme qui les encadre prévoit une durée de vie maximale de 10 ans, et certains fabricants indiquent une durée plus courte, généralement entre cinq et dix ans.
Le piège, c’est que le bouton test ne suffit pas à vérifier qu’il fonctionne encore. Ce bouton contrôle le bon fonctionnement de la sirène et de la pile, mais pas forcément celui de la cellule de détection, qui se dégrade avec le temps et l’encrassement. Un détecteur peut donc sonner parfaitement au test… et ne plus réagir à la fumée.
Le réflexe à avoir maintenant : décrochez votre détecteur et regardez la date inscrite au dos du boîtier, qu’il s’agisse de la date de fabrication ou d’une date de remplacement recommandée. Si votre détecteur a été installé en 2015, au moment de l’obligation, il est très probablement arrivé en fin de vie ou s’en approche.
Qui doit l'installer : propriétaire ou locataire ?
C’est la question qui revient le plus souvent, et la réponse est claire.
Le propriétaire achète et installe le détecteur. Il peut le poser lui-même, ou demander au locataire de le faire en lui remboursant l’achat. Il vérifie son bon fonctionnement lors de l’état des lieux d’entrée.
Le locataire l’entretient pendant toute la durée du bail. Il doit tester régulièrement l’appareil, changer les piles et le remplacer s’il devient défectueux ou arrive en fin de vie pendant qu’il occupe le logement.
Il existe toutefois des exceptions : pour les locations saisonnières, les logements meublés et les logements de fonction, c’est le propriétaire qui se charge à la fois de l’installation et de l’entretien.
Enfin, le propriétaire occupant assume seul l’installation, l’entretien et le remplacement.
Ce que dit vraiment l'assurance
C’est l’idée reçue la plus répandue sur le sujet : « sans détecteur de fumée, mon assurance ne me remboursera pas en cas d’incendie ». C’est faux.
L’article L122-9 du Code des assurances interdit expressément à l’assureur d’opposer l’absence de détecteur, ou son défaut d’entretien, pour refuser ou réduire l’indemnisation d’un incendie. Si votre contrat comporte une garantie incendie, vous êtes couvert, que vous ayez un détecteur ou non.
Cela ne veut pas dire que le détecteur n’a aucun lien avec l’assurance. L’occupant doit informer son assureur que le logement est équipé, en lui remettant une attestation, et l’assureur peut en tenir compte dans le calcul de la prime.
Et surtout, ce n’est pas parce que l’assurance paie les dégâts matériels que le détecteur est accessoire : il protège avant tout les vies, ce qu’aucun contrat ne remplace.
Bien choisir son détecteur
Tous les appareils ne se valent pas. Un détecteur de fumée vendu en France doit obligatoirement porter le marquage CE et être conforme à la norme NF EN 14604. La marque NF, facultative, apporte une garantie de qualité supplémentaire.
Quelques critères utiles au moment de l’achat :
- une pile lithium scellée d’une autonomie de 10 ans, qui évite d’avoir à changer la pile pendant toute la vie de l’appareil ;
- un signal sonore puissant, d’au moins 85 décibels ;
- un bouton de mise en sourdine temporaire, pratique en cas de fausse alerte en cuisinant.
Comptez en général entre une dizaine et une quarantaine d’euros pour un modèle conforme.
Où et comment l'installer
L’installation ne prend que quelques minutes, mais l’emplacement compte.
Au plafond, de préférence au centre de la pièce ou du couloir, la fumée montant vers le haut. Le meilleur endroit est le couloir qui dessert les chambres, car c’est la nuit, pendant le sommeil, que le risque est le plus grand.
À éviter : la cuisine et la salle de bains, où la vapeur et les fumées de cuisson provoquent des fausses alertes à répétition, ainsi que la proximité immédiate des fenêtres, des bouches d’aération ou des angles de pièce, où l’air circule mal.
Le détecteur doit être solidement fixé, avec des vis ou le système de fixation prévu par le fabricant. Évitez de simples morceaux de ruban adhésif, qui finissent par lâcher.
L'entretien en 3 gestes
Testez-le une fois par mois, en appuyant sur le bouton test : la sirène doit retentir.
Dépoussiérez-le régulièrement, avec un aspirateur ou un chiffon sec, car la poussière encrasse la chambre de détection et peut provoquer des pannes ou des fausses alertes.
Changez la pile dès qu’il émet un bip régulier, signal de pile faible, sauf s’il s’agit d’un modèle à pile scellée, qu’il faut alors remplacer en entier.
Et bien sûr, remplacez l’appareil à la date indiquée par le fabricant, au plus tard dix ans après sa fabrication. Ne peignez jamais un détecteur et ne le retirez pas parce qu’il sonne trop souvent : déplacez-le plutôt à un endroit plus adapté.
Et le monoxyde de carbone ?
Attention à ne pas confondre : le détecteur de fumée ne détecte pas le monoxyde de carbone, ce gaz invisible et inodore produit par une mauvaise combustion. Si vous vous chauffez au bois, au gaz ou au fioul, un détecteur de monoxyde de carbone, non obligatoire mais vivement recommandé, est un complément utile, comme nous l’expliquions dans notre article sur le ramonage.
